Häusliche Gewalt ist keine häusliche Gewalt, sie ist GEWALT (Leyla Hussein)
Wir teilen unsere Gesellschaft gerne in die Optimisten*innen und die Pessimist*innen ein und ganz ehrlich, ich zähle mich zu den Optimistinnen. Was allerdings die sozialen Ausprägungen in Bezug auf Gewalt an Frauen betrifft, bin ich nach all den Jahren eher auf Seiten der Pessimist*innen. Das möchte ich mit einem Beispiel erläutern. Die Autorin der nachfolgenden Zeilen ist mir bekannt.
„Als ich 1994 meinen ersten Mann verließ, hatte ich alle Hoffnung in die Justiz und den Staat als der, der Gewalt weder duldet noch sie ungestraft lässt, wie immer sie auch aussieht, verloren.
Zu Beginn, als mein Mann mich anfing zu schlagen, dachte ich noch, es handle sich um einen „Ausrutscher“, er war ja unter Stress. Als diese Ausrutscher sich häuften, habe ich den Mut gefunden, zum Arzt zu gehen, in der Hoffnung, er könnte mir weiterhelfen. Die eindeutige Diagnose lautete auf „Brandwunden an den Armen und am Oberkörper, durch das Auslöschen brennender Zigaretten, Hämatome am ganzen Körper, Gehirnerschütterung“. Was ist passiert? Nichts.
Eifersuchtsszene in einem Tanzlokal, wo mich mein Mann mit einem Schlag ins Gesicht niederstreckte und an den Haaren hinauszerrte. Reaktion der Anwesenden? Keine.
Als er mich stundenlang mit meinen minderjährigen Kinder in der Nacht bedrohte und uns die Flucht im Schlafanzug, dank meines 8-jährigen Kindes, gelang, war die Reaktion der Polizei an meinen Mann gerichtet: „Was hat sie denn so gestresst? Beruhigen sie sich erst mal alle, und morgen sehen wir weiter“. Was weiter geschah? Nichts.
Als er mich noch jahrelang danach bedrohte? Nichts. Und da sollte ich noch Vertrauen haben? Es hat Jahre gedauert, bis ich wieder ein normales Leben führen konnte, aber die Wunden sind immer noch da, auch jetzt nach achtundzwanzig Jahren“.
Hat sich im Jahr 2022 im Bewusstsein der sozialen Gemeinschaft etwas geändert? Werden die Aggressoren zur Rechenschaft gezogen? Glaubt die Polizei, die Richter den Frauen? Steht ihnen die Gesellschaft bei? Es wird mehr thematisiert, mehr ins Bewusstsein gerufen, das ist wahr und das ist gut. Aber es braucht viel mehr.
Wenn über häusliche Gewalt so oft berichtet werden würde, wie über falsche Ernährung, zu wenig Bewegung und die Gefahren von Nikotin und Alkohol, dann wäre unsere Gesellschaft schon weiter, denn wir alle kennen die Kraft der Wiederholung. Das Unaussprechliche muss ausgesprochen werden, immer und immer wieder. Fangen wir jeden Tag aufs Neue damit an.
.
La violence domestique n’est pas de la violence domestique, c’est de la VIOLENCE (Leyla Hussein).
Nous aimons diviser notre société entre les optimistes* et les pessimistes*, et très honnêtement, je me range parmi les optimistes. Cependant, après toutes ces années, je suis plutôt du côté des pessimistes en ce qui concerne les manifestations sociales de la violence envers les femmes. J’aimerais illustrer mon propos par un exemple. Je connais l’auteure des lignes qui suivent.
„Lorsque j’ai quitté mon premier mari en 1994, j’avais perdu tout espoir en la justice et en l’État comme celui qui ne tolère pas la violence et ne la laisse pas impunie, quelle qu’elle soit.
Au début, lorsque mon mari a commencé à me frapper, je pensais encore qu’il s’agissait d’un „dérapage“, car il était stressé. Lorsque ces dérapages se sont multipliés, j’ai trouvé le courage d’aller voir le médecin, en espérant qu’il pourrait m’aider. Le diagnostic sans équivoque était le suivant : „brûlures sur les bras et le torse, dues à l’extinction de cigarettes allumées, hématomes sur tout le corps, commotion cérébrale“. Que s’est-il passé ? Rien du tout.
Scène de jalousie dans un dancing, où mon mari m’a assommée d’un coup de poing au visage et m’a traînée dehors par les cheveux. Réaction des personnes présentes ? Aucune.
Lorsqu’il m’a menacée pendant des heures la nuit avec mes enfants mineurs et que nous avons réussi à nous échapper en pyjama, grâce à mon enfant de 8 ans, la réaction de la police s’est adressée à mon mari : „Qu’est-ce qui vous a tant stressée ? Calmez-vous tous et nous verrons demain“. Que s’est-il passé ensuite ? Rien du tout.
Quand il a continué à me menacer pendant des années ? Rien. Et je devrais encore avoir confiance ? Il m’a fallu des années pour retrouver une vie normale, mais les blessures sont toujours là, même après vingt-huit ans“.
En 2022, la conscience de la communauté sociale a-t-elle changé ? Les agresseurs sont-ils tenus de rendre des comptes ? La police, les juges croient-ils les femmes ? La société les soutient-elle ? On en parle davantage, on en prend davantage conscience, c’est vrai et c’est bien. Mais il en faut beaucoup plus.
Si la violence domestique était aussi souvent évoquée que la mauvaise alimentation, le manque d’exercice et les dangers de la nicotine et de l’alcool, notre société serait déjà plus avancée, car nous connaissons tous la force de la répétition. L’inexprimable doit être dit, encore et encore. Commençons chaque jour à le faire à nouveau.